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C R O C I N F O S

Éducation nationale, voilons-nous la face et sacrifions les enfants !

Éducation nationale, voilons-nous la face et sacrifions les enfants !

À titre d'illustration

Plus de 1000 élèves de 6e renvoyés pour ne pas savoir lire ni écrire : une situation qui révèle les failles de l'éducation nationale et l'irresponsabilité collective qui compromet l'avenir des enfants.

Par Pascal Kouassi

Plus de 1000 élèves de 6e d'une direction régionale de l'éducation nationale et de l'alphabétisation (DRENA) renvoyés parce qu'ils ne savent ni lire ni écrire. Apprécions la remarque et l'interpellation du premier responsable de cette DRENA : « Le directeur régional a attribué la principale responsabilité au cycle primaire, estimant que les lacunes observées trouvent leur origine dans un déficit d'apprentissage des fondamentaux dès les premières années de scolarité. » « Il a, à cet effet, interpellé les acteurs de l'enseignement primaire de la DRENA, les appelant à davantage de rigueur et de conscience professionnelle, notamment lors des évaluations et l'examen de fin d'année. » OK ! Les responsabilités sont situées, les responsables de l'échec sont connus. Mais avouons que nous sommes tous coupables ! Nous sommes tous responsables du sacrifice de l'avenir de nos enfants. À la fin de la première année de la ministre Mariatou Koné, le résultat de l'examen de l'entrée en 6e était très en baisse car beaucoup d'enseignants ont été rigoureux dans la surveillance de l'examen du CEPE et pour cause : la ministre avait dit qu'il devait y avoir un surveillant par salle et que, à la rentrée, un test serait soumis aux élèves affectés dans les classes de 6e.

La ministre n'a pas mis à exécution l'idée de faire subir un test aux élèves de 6e. L'année dernière, avec la grève des enseignants, il n'y a presque pas eu de cours les deux derniers mois précédant les examens de fin d'année.

On a constaté que les DRENA ou inspections où les surveillants ont été encore plus rigoureux étaient à la traîne. L'année scolaire suivante, on a repris notre mauvaise pratique : la tricherie car on s'est remis à classer les inspections et les DRENA avec à l'appui des pourcentages. Et le mal a repris de plus belle. La ministre n'a pas mis à exécution l'idée de faire subir un test aux élèves de 6e. L'année dernière, avec la grève des enseignants, il n'y a presque pas eu de cours les deux derniers mois précédant les examens de fin d'année : la grève s'est étendue jusqu'à Pâques, les enseignants dont les salaires ont été divisés par trois ou suspendus ne sont presque plus retournés en classe jusqu'à fin mai où les examens à grand tirage ont débuté. contre toute attente, les résultats des trois examens : CEPE, BEPC et BAC ont connu une hausse, sensiblement pour le CEPE. Comment en est-on arrivé là ? On a triché, largement triché et des élèves qui ne savent pas lire et écrire ont été aidés, ont obtenu 85 points et ont été orientés en 6e. À la fin de l'année scolaire 2025-2026, beaucoup de DRENA verront leurs élèves de 6e retourner auprès de leurs parents, soit pour reprendre le CM2, soit pour les aider dans leurs différentes activités. Quant à ceux qui sont orientés dans les établissements privés, on les maintiendra là jusqu'en 3e car chaque élève de 6e étant accompagné de 120 mille francs cfa de scolarité versés par l'`État, aucun chef d'établissement ne renverra ses élèves et perdre des millions. Voilà comment nous sacrifions l'avenir de nos enfants. Dans tous les cas, les petits Chinois et Coréens sont à l'école et à l'œuvre, nos enfants pourront jouir des fruits de leurs méninges.