Kouamé Ouffoué, le préfet de département
Lors des législatives de 2025 à Tiassalé, l’expulsion des journalistes de la CEI locale a suscité de vives interrogations sur la transparence du processus électoral. Que cherchait-on réellement à dissimuler face aux accusations de fraude ?
Tiassalé, 28 décembre 2025 (crocinfos)---Lors des législatives de 2025, un incident survenu à la Commission Électorale Indépendante (CEI) locale de Tiassalé a révélé des faits d'une gravité inouïe, soulevant des interrogations légitimes sur la transparence et l'intégrité du processus électoral. Accrédités par la CEI centrale, des journalistes étaient présents pour couvrir, en toute objectivité, le dépouillement des votes. C'est au cœur de cette salle que le député sortant, Assalé Tiémoko Antoine, a mis en lumière de lourdes accusations de fraude électorale. Fort d’observations précises, il a dénoncé des anomalies flagrantes dans plusieurs bureaux de vote, aussi bien dans la commune que dans la sous-préfecture. La lecture des procès-verbaux (PV) était faite par Le vice-président de la CEI locale, Laizao Gabriel en présence de Jean Marc Fohé, l'assistant de la 3e vice-présidente de la CEI. Le député sortant, Assalé Tiémoko a exposé au président de la CEI locale que les PV en sa possession étaient diamétralement opposés à ceux que ses représentants avaient signés et transmis. Il a insisté sur le fait que les résultats proclamés par la CEI locale étaient en totale contradiction avec ceux qu’il détenait. Mais au lieu d’apporter une réponse claire et immédiate à ces irrégularités, Kouamé Ouffoué, le préfet de département, dans une intervention qui frise l’indifférence, a simplement rappelé qu’il existait des « moyens de recours », tout en précisant que le dépouillement pouvait continuer malgré les protestations. Ainsi, aucune prise en compte sérieuse des fraudes alléguées n’a été effectuée.
Mais la situation prit une tournure encore plus alarmante lorsque tous les journalistes présents dans la salle ont été expulsés, sur ordre de Balamine Diakité, président de la CEI locale, avec l’aval tacite du préfet, d’Assalé Essé, sous-préfet de Tiassalé et de Mme Ehouman née Gogo Larissa Gisèle, la Secrétaire Générale de préfecture.
Il est légitime de s’interroger : que voulait-on réellement dissimuler au moment où les seuls témoins potentiels d’un dysfonctionnement électoral majeur étaient évacués ?
L’intervention des forces de sécurité notamment les hommes de Ouattara Nouhou, commandant de la compagnie de gendarmerie, de Coulibaly Émile, du commandant de Brigade et de Tiéné N'dissi, le commissaire de police pour appliquer cet ordre n’a fait qu’ajouter à la gravité de la situation. Il est à noter que ces mêmes journalistes, en possession des mêmes accréditations, avaient jusque-là couvert la nuit électorale à la CEI centrale, filmaient et rapportaient les événements en toute transparence.
Il est légitime de s’interroger : que voulait-on réellement dissimuler au moment où les seuls témoins potentiels d’un dysfonctionnement électoral majeur étaient évacués ? Les révélations faites par Assalé Tiémoko Antoine, soutenues par des preuves tangibles, feront l’objet d’une analyse rigoureuse dans un prochain article. Cette affaire, au-delà des accusations de fraude, nous amène à conclure que les autorités ivoiriennes, censées être les garantes de la transparence et de l’impartialité du processus électoral, semblent défaillir dans leur mission de surveillance et de rigueur. Ce manquement laisse un doute sur la régularité du scrutin et sur la capacité des institutions à assurer la crédibilité des élections.
Sériba Koné, envoyé spécial à Tiassalé