Le président du Venezuela, Nicolas Maduro, le 11 novembre 2025.
Le 3 janvier 2026, les États-Unis ont mené une attaque militaire contre le Venezuela, capturant le président Nicolás Maduro. Cet événement historique a provoqué des tensions mondiales, avec des appels à la médiation, notamment par l'Espagne.
Abidjan, le janvier 2026 (crocinfos)---Le 3 janvier 2026 restera gravé dans les annales de l’histoire géopolitique contemporaine, marqué par un événement d'une portée dramatique : la capture du président vénézuélien, Nicolás Maduro, par les forces américaines après une "attaque à grande échelle" menée par les États-Unis. Cette action, confirmée par le président Donald Trump, a déstabilisé l’ensemble de l'Amérique latine, tandis que des réactions internationales ont fait émerger des tensions politiques et diplomatiques de grande ampleur.
Le contexte de l'attaque : une escalade des tensions
L'attaque survenue ce matin à Caracas, la capitale du Venezuela, semble être le point culminant d'une série de provocations et d'affrontements diplomatiques entre les États-Unis et le Venezuela, exacerbés au cours des derniers mois. Depuis que Nicolás Maduro a été accusé de diriger un réseau international de narcotrafic, les relations entre Washington et Caracas ont été marquées par une violence verbale croissante et des sanctions économiques sévères. Ces tensions se sont intensifiées avec des frappes militaires répétées menées par les États-Unis dans la mer des Caraïbes, visant des embarcations suspectées de trafic de drogue, mais sans preuves concrètes à l’appui.
La décision de Donald Trump de procéder à une "attaque à grande échelle" contre le Venezuela, orchestrée par des frappes aériennes à basse altitude, n’a fait qu’envenimer un climat déjà tendu. Le matin du 3 janvier, des explosions ont secoué Caracas, plongeant plusieurs quartiers dans le noir, suite à des frappes ciblant les infrastructures stratégiques de la capitale. Le gouvernement vénézuélien a immédiatement dénoncé une "agression militaire" à grande échelle, qualifiant cette action de violation flagrante de la souveraineté nationale.
La capture de Maduro : un tournant majeur
Une explosion à Caracas
L’annonce par Donald Trump de la capture de Nicolás Maduro et de son exfiltration vers une destination inconnue a provoqué un choc dans le monde entier. Cette capture, qualifiée d'"enlèvement" par certains analystes, a été interprétée par plusieurs dirigeants comme une violation des principes du droit international, notamment le respect de la souveraineté et de l'intégrité des États.
Jean-Luc Mélenchon, leader des Insoumis en France, a fustigé ce qu’il a qualifié d'"enlèvement odieux" du président vénézuélien, soulignant que cet acte menaçait la paix mondiale. Le retrait de Maduro a non seulement mis un terme à son autorité, mais a également entraîné une incertitude politique majeure au Venezuela, plongeant le pays dans une situation de vide de pouvoir.
Les informations faisant état de l'absence de nouvelles apparitions publiques de Maduro ont fait émerger des doutes sur son sort. La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodríguez, a exigé une "preuve de vie" du président, tandis que la Russie, par le biais de son ministère des Affaires étrangères, a exprimé ses préoccupations quant à la situation et a demandé des éclaircissements immédiats.
Les répercussions internationales
L’attaque militaire américaine a immédiatement provoqué des réactions internationales diverses. En Europe, l'Union européenne a appelé à la "retenue", soulignant que la solution à cette crise devait passer par un dialogue pacifique et le respect du droit international. Le ministre espagnol des Affaires étrangères a proposé de jouer le rôle de médiateur pour faciliter une issue diplomatique.
De l'autre côté, la Russie a été parmi les premières puissances à condamner fermement l’intervention des États-Unis, qualifiant l'attaque d’agression illégale et de violation des principes de la diplomatie internationale. Pour Moscou, cette action est un affront direct aux relations internationales et à la souveraineté des nations. Le gouvernement russe a également souligné que cette escalade pouvait avoir des conséquences graves pour la stabilité de toute l'Amérique latine.
Dans la région, des pays comme la Colombie ont pris des mesures militaires en déployant des troupes à leur frontière avec le Venezuela, par crainte d’une propagation du conflit. La situation est désormais considérée comme une crise régionale majeure, susceptible d’affecter les pays voisins en raison de la géopolitique complexe du continent.
Les conséquences pour l'Amérique latine
L'attaque militaire américaine contre le Venezuela suscite des préoccupations quant à ses répercussions sur l'ensemble de l’Amérique latine. Jean-Éric Branaa, spécialiste des États-Unis, a mis en garde contre le risque de déstabilisation dans la région, soulignant que cet affrontement pourrait ouvrir la voie à une nouvelle phase de tensions géopolitiques. Selon lui, l'argument avancé par Washington pour justifier l'attaque – à savoir la lutte contre le narcotrafic – pourrait en réalité masquer des motivations économiques sous-jacentes, notamment l’accès aux ressources naturelles de la région.
L'instabilité qui en découle pourrait avoir des effets dévastateurs pour les populations locales. En témoigne la situation à Caracas, où plusieurs quartiers ont été plongés dans l’obscurité, laissant des habitants dans une situation de vulnérabilité extrême. Les témoignages des citoyens, évoquant la préparation d’un départ précipité de la ville, reflètent l’ampleur de la panique qui a saisi la population.
Madrid et la voie de la médiation
Face à l’escalade des violences, l'Espagne a proposé de jouer un rôle de médiateur entre les États-Unis et le Venezuela. Cette initiative vise à trouver une "solution pacifique" à la crise, en prenant en compte les intérêts de chaque partie tout en respectant les principes du droit international. L’Espagne, qui entretient des relations diplomatiques complexes avec le Venezuela, s'efforce de jouer un rôle constructif en proposant une plateforme de dialogue. Cependant, la tâche de la diplomatie espagnole semble ardue, car les positions sont profondément ancrées et les antagonismes croissent.
Une situation toujours incertaine
La capture de Nicolás Maduro par les forces américaines marque une étape décisive dans la confrontation entre les États-Unis et le Venezuela. Alors que la situation politique au Venezuela reste incertaine, le rôle de la communauté internationale, notamment des grandes puissances comme la Russie et l'Union européenne, sera crucial pour déterminer les prochains développements. La médiation proposée par Madrid pourrait constituer une voie de sortie pour éviter une escalade à l’échelle régionale, mais les tensions qui existent actuellement entre les grandes puissances mondiales laissent planer un doute sur la possibilité d’une solution diplomatique rapide. L’Amérique latine, déjà fragile, pourrait bien se retrouver à un carrefour géopolitique de grande envergure.
Athanase Kangah avec rtl.fr