L'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire très convoitée par la jeunesse.
Les élections législatives ivoiriennes de décembre 2025 sont marquées par des accusations de détournements de biens publics par certains candidats du RHDP. Ce sujet déclenche un appel à la transparence et à la réforme politique porté par la jeunesse.
Abidjan, 21 décembre 2025 (crocinfos)---Les élections législatives du 27 décembre 2025 marquent une étape cruciale dans le processus démocratique de la Côte d'Ivoire. Le pays se prépare à élire les 255 membres de l’Assemblée nationale, un moment déterminant où les citoyens auront à choisir leurs représentants pour défendre leurs intérêts. Cependant, cette période de campagne électorale, qui a débuté le 19 décembre, a été marquée par une série de révélations préoccupantes concernant les détournements de biens publics par certains candidats du parti au pouvoir, le RHDP (Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix). Ces détournements soulignent des pratiques qui remettent en cause la transparence et l'intégrité du processus électoral, en particulier en ce qui concerne les fonds publics alloués aux programmes destinés à soutenir les populations locales.
Les détournements des ressources de l’État
Lors de sa campagne, Assalé Tiémoko Antoine, un candidat influent du mouvement politique, ADCI, dans la circonscription de Morokro et Tiassalé, a attiré l’attention de la population sur une série de pratiques douteuses. Il a dénoncé des détournements de fonds publics, notamment l’allocation de 5 milliards FCFA pour les chefs traditionnels, une somme votée par les députés à l’Assemblée nationale chaque année. Cependant, lors de ses interventions sur le terrain, Tiémoko a révélé qu’aucun des chefs traditionnels qu’il a rencontrés n’était au courant de l’existence de cette manne financière, et encore moins de sa destination exacte. Cette révélation soulève des questions sérieuses sur la gestion de l’argent public et les véritables bénéficiaires de ces fonds. La transparence et l’information devraient être des principes fondamentaux, mais ces pratiques d’opacité soulignent des dysfonctionnements graves dans la gestion des ressources de l’État.
Ceux issus de l’administration publique de l’État sont-ils réellement animés par la volonté de défendre les intérêts du peuple, ou cherchent-ils à se protéger sous le parapluie de l’immunité parlementaire ? En fin de compte, ces détournements alimentent un système de gouvernance où les intérêts du peuple sont mis de côté, au profit d’un système politique qui nourrit ses propres ambitions.
En outre, le candidat a fait état de cadeaux offerts par des ministres aux chefs de village sous forme de véhicules, notamment des motos Yamaha d’une valeur de 3 millions FCFA chacune, qui ont été distribuées à 21 chefs de villages. Bien que de telles actions puissent sembler généreuses en apparence, elles soulèvent des préoccupations sur leur véritable objectif : sont-elles des manœuvres pour acheter le soutien de ces leaders locaux en vue des élections, ou représentent-elles un détournement manifeste des ressources publiques pour des fins politiques personnelles ? Cette pratique s’apparente à un usage abusif des fonds publics pour renforcer une position électorale, au détriment des véritables besoins de la population.
Une hypocrisie qui détourne les ressources du peuple
Le combat contre la corruption est devenu une priorité affichée par le gouvernement ivoirien, et ce, à la lumière de son inscription sur la liste grise du GAFI (Groupe d'Action Financière) en raison du blanchiment d'argent. Cette situation a pour conséquence directe d’affecter la réputation du pays sur le plan international, notamment en ce qui concerne la gestion des flux financiers et des ressources publiques.
Le gouvernement ivoirien semble prôner une politique de lutte contre les détournements, tout en laissant perdurer ces mêmes pratiques au sein de son propre système politique.
Ces jeunes parlementaires veulent se libérer de l’influence du RHDP, un parti qui, selon eux, semble plus préoccupé par la conservation du pouvoir que par l’amélioration du quotidien des Ivoiriens. Il est temps que la jeunesse, porteuse d’une vision nouvelle et progressiste, prenne les rênes du débat national. La politique ne doit plus être une question de pouvoir pour le pouvoir, mais un instrument de progrès pour l’ensemble des citoyens.
Le cas de Doumbia Abraham Abed-Nego, un directeur administratif et financier, impliqué dans l’affaire de 3 milliards de francs CFA retrouvés sur ses comptes personnels, constitue un exemple emblématique. La découverte de ces fonds illégitimes soulève des interrogations sur la volonté réelle des autorités de s’attaquer aux détournements à grande échelle. Les parlementaires qui se succèdent à l'Assemblée nationale, qu’ils soient issus du gouvernement ou de l’opposition, se retrouvent dans une situation de complicité passive. Ceux issus de l’administration publique de l’État sont-ils réellement animés par la volonté de défendre les intérêts du peuple, ou cherchent-ils à se protéger sous le parapluie de l’immunité parlementaire ? En fin de compte, ces détournements alimentent un système de gouvernance où les intérêts du peuple sont mis de côté, au profit d’un système politique qui nourrit ses propres ambitions.
Le pouvoir de la jeunesse pour défendre les intérêts de la Nation
Le cadre politique ivoirien est en pleine transformation, avec l’émergence d’une nouvelle classe de jeunes intellectuels engagés et déterminés à réformer le système. Ces jeunes loups, dont l’expérience et la formation leur confèrent une légitimité indiscutable, exigent que les débats parlementaires soient télévisés afin que la population puisse suivre les discussions et observer de près les actions de leurs représentants. Ce faisant, ils entendent redonner au peuple sa place dans le processus décisionnel, loin des manipulations de l’appareil d’État qui, trop souvent, s’éloigne des préoccupations réelles des Ivoiriens. Ils appellent à la constitution de groupes parlementaires divers avec une majorité alternative, pour offrir un cadre de discussion plus sain et plus transparent.
Ces jeunes parlementaires veulent se libérer de l’influence du RHDP, un parti qui, selon eux, semble plus préoccupé par la conservation du pouvoir que par l’amélioration du quotidien des Ivoiriens. Il est temps que la jeunesse, porteuse d’une vision nouvelle et progressiste, prenne les rênes du débat national. La politique ne doit plus être une question de pouvoir pour le pouvoir, mais un instrument de progrès pour l’ensemble des citoyens. C’est dans cette optique qu’ils aspirent à une Assemblée nationale où la voix du peuple, et non celle du parti au pouvoir, serait la véritable référence.
La lutte contre les détournements de biens publics, la gestion transparente des fonds publics et la réforme du système politique passent par la prise de conscience des citoyens. Les législatives de 2025 offrent l’opportunité de donner un nouveau souffle à la politique ivoirienne, en favorisant l’émergence de leaders honnêtes, prêts à défendre les intérêts du peuple. C’est à la jeunesse de s’engager pour faire de cette vision une réalité, et d’ouvrir la voie à un avenir où la politique et la gestion publique seront au service de tous.
Sériba Koné