David Youan, lesecrétaire exécutif de ADCI
Au lendemain des législatives du 27 décembre 2025, le mouvement Aujourd’hui et Demain, Côte d’Ivoire (ADCI), dénonce des irrégularités électorales, une abstention record et appelle à dissolution et refondation de la CEI du processus électoral.
Abidjan, le 14 janvier 2026 (crocinfos.net) — Le Mouvement politique Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire (ADCI) a livré, ce mercredi 14 janvier 2025 à Abidjan, une analyse critique du scrutin législatif du 27 décembre 2025, marqué par l’absence de représentation parlementaire du parti. Dans une déclaration officielle, son secrétaire exécutif, Roger Youan, a pointé de « graves dysfonctionnements » ayant, selon lui, affecté la sincérité du vote.
Créé en juin 2024 à Yamoussoukro et officiellement lancé en novembre de la même année, ADCI avait présenté 47 candidats à travers le pays avec l’ambition de faire entendre une nouvelle voix au Parlement. Aucun siège n’a toutefois été remporté. Un résultat que le mouvement attribue d’abord à des facteurs internes — jeunesse organisationnelle, implantation territoriale inachevée et moyens limités — mais surtout à un environnement électoral jugé « structurellement déséquilibré ».
Selon Roger Youan, le scrutin s’est déroulé dans un climat marqué par des achats de votes, des pressions sur les électeurs et candidats, des déplacements de bureaux de vote, ainsi que des violences localisées, notamment dans certaines circonscriptions comme Tiassalé. Le mouvement affirme également avoir constaté la détention frauduleuse de cartes d’électeurs par des personnes non titulaires, une pratique jugée de nature à fragiliser la crédibilité du processus.
Autre sujet de préoccupation majeure soulevé par ADCI : l’effondrement du taux de participation, particulièrement dans le district d’Abidjan, où il a oscillé entre 10 et 24 %, selon les chiffres officiels. Pour Roger Youan, cette abstention massive traduit « une rupture de confiance profonde entre les citoyens et les institutions électorales ».
Sur le plan juridique, deux candidats de l’ADCI ont introduit des recours en annulation devant le Conseil constitutionnel pour les circonscriptions de Tiassalé-Morokro et de Yopougon. Le mouvement prend acte du rejet de ces requêtes, tout en exprimant de « sérieuses réserves » quant au respect du contradictoire et à l’absence, à ce jour, de décisions dûment motivées et notifiées.
Face à ce qu’il qualifie de crise de confiance durable, ADCI, par la voix de son secrétaire exécutif, appelle à la dissolution et à la refondation complète de la Commission électorale indépendante (CEI), estimant que l’organe, depuis plus de deux décennies, n’est plus perçu comme un arbitre consensuel.
Réaffirmant son attachement aux institutions républicaines et à la voie pacifique, Roger Youan a assuré que ADCI poursuivra son combat pour des réformes électorales crédibles, une citoyenneté active et un renouveau démocratique, en dehors comme au sein des institutions.
Le Pharisien