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C R O C I N F O S

Concours de la Fonction publique, la corruption et le régionalisme dénoncés

Concours de la Fonction publique, la corruption et le régionalisme dénoncés

, Ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l'administration, Anne-Désirée Ouloto en campagne législatives du 27 décembre à Toulépleu

Par F. M. Bally

PÉRIL EN LA DEMEURE. Nommée le 6 avril 2021, ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l'administration, Anne-Désirée Ouloto a voulu conduire une révolution.

Dans sa campagne pour nettoyer les écuries d'Augias, elle a voulu rassurer. Face aux critiques acerbes qui fustigeaient et fustigent encore un recrutement de "rattrapage régional" à la fonction publique et des concours publics noyautés par la corruption, elle a tapé du poing sur la table.

"Les candidats aux concours doivent se faire confiance et faire confiance à l'État de Côte d'Ivoire, qui s'est donné les moyens d'organiser des concours sincères et dont les résultats sont crédibles désormais," déclarait-elle, la main sur le cœur, le 12 août 2023, avant de conclure : "Il faut faire en sorte que ce ne soit pas l'extérieur qui vienne entacher la sincérité de ces résultats-là."

"Un opposant ne donne pas de travail aux jeunes," a-t-elle avoué. En croyant faire chanter les populations pour qu'elles lui accordent leurs suffrages, Anne-Désirée Ouloto-Lamizana fait redécouvrir le soleil qu'elle avait voulu cacher avec sa main.

C'était une fuite en avant. La campagne électorale pour les élections législatives du 27 décembre 2025, dans la circonscription électorale de Toulepleu, est venue, en l'occurrence, traduire la vanité de ces promesses; ce sont des vœux pieux.

A Ziombly, village du maire Zion Kah Denis, son adversaire du PDCI-RDA, où, selon un organe du RHDP, son parti, elle est partie "dire ses quatre vérités", elle s'est mise à table.

"Un opposant ne donne pas de travail aux jeunes," a-t-elle avoué. En croyant faire chanter les populations pour qu'elles lui accordent leurs suffrages, Anne-Désirée Ouloto-Lamizana fait redécouvrir le soleil qu'elle avait voulu cacher avec sa main.

Et nul n'est dupe. L'entrée à la fonction publique est viciée. Elle n'est plus soumise aux critères de talent et de compétence, mais d'appartenance politique et régionale. C'est pourquoi, par exemple, sur plus de sept mille admis aux concours d'instituteur adjoint, plus de la moitié, déjà en exercice, sont des fantômes inconnus au fichier, faute de diplôme. Et il y a péril en la demeure.

F. M. Bally