À titre d'illustration
Dans un droit de réponse adressé à Crocinfos, Casimir Kpeye conteste les accusations visant Sohou Zan Alain et réclame la publication intégrale du texte, au nom du respect de l’honneur et du contradictoire journalistique ivoirien.
ABIDJAN, 10 juin 2026 (crocinfos)---M. Alain Zahan SOHOU a été condamné, le 19 mai 2026, à une peine privative de liberté par le Tribunal correctionnel de Guiglo. Cette décision a fait l’objet d’un appel de sa part. Eu égard à la sensibilité du dossier et aux procédures en cours devant les juridictions compétentes, nous nous abstenons, à ce stade, de commentaires approfondis sur le fond judiciaire ; mais nous sommes contraints de rétablir la vérité face aux nombreuses contre-vérités contenues dans l’article de M. Lainé Gonkanou publiées le 26 mai 2026 sur votre site à l’adresse web https://crocinfos.net/article/1741-region-du-cavally-recemment-admis-au-concours-dadjoint-administratif-un-leader-des-jeunes-du-rhdp-de-toulepleu-place-sous-mandat-de-depot-a-la-macg. L’auteur de ce texte relaie en effet des accusations graves, inexactes et attentatoires à l’honneur ainsi qu’à la réputation de M. SOHOU Zan Alain, sans apporter un début de preuve ni procéder aux vérifications élémentaires qu’impose l’éthique journalistique.
- SUR LES PRÉTENDUES CONVOCATIONS IGNORÉES
Contrairement à ce qu’affirme votre correspondant, M. SOHOU Zan Alain n’a jamais refusé de répondre à une quelconque convocation du tribunal.
Il a été contacté par téléphone le lundi 18 mai 2026 par un greffier se présentant comme étant Maître Soro. Sans convocation formelle, sans avoir le moindre aperçu de ce qui l’attendait, il s’est présenté dès le lendemain, mardi 19 mai, devant le tribunal, et a été jugé au même instant. D’où viennent alors les affirmations de votre rédacteur selon lesquelles il aurait été « convoqué à plusieurs reprises sans répondre aux convocations du procureur près le Tribunal de première instance de Guiglo » ? Peut-on raisonnablement soutenir qu’une personne qui se rend volontairement devant une juridiction située à près de 120 kilomètres de son domicile, dès le lendemain d’une convocation téléphonique, aurait refusé de répondre aux convocations ?
Une telle affirmation est tout simplement contraire aux faits.
- SUR LES ALLÉGATIONS POLITIQUES
Votre article présente M. SOHOU Zan Alain comme étant le « leader de la jeunesse RHDP de Toulepleu », allant même jusqu’à lui attribuer le sobriquet de « Gangaba du RHDP de Toulepleu ». Cette affirmation est dépourvue de tout fondement factuel. Alain n’est pas le leader de la jeunesse RHDP de Toulepleu. Les responsables de cette structure sont parfaitement identifiés et connus de tous. Bien qu’il soit militant actif du RHDP depuis près de trois ans, il n’occupe pas cette fonction. Le titre qui lui est officiellement reconnu est celui de Président de la Jeunesse Communale de Toulepleu.
En le présentant publiquement comme un dirigeant local du parti au pouvoir, votre journal cherche manifestement à donner à cette affaire une coloration politique qu’elle n’a pas. Vous affichez ainsi votre volonté de procéder à une récupération politique d’un dossier qui relève avant tout d’un conflit foncier et familial. Que des partis politiques s’opposent et échangent des critiques relève du débat démocratique. En revanche, nous refusons que la vérité soit déformée et que des accusations diffamatoires soient utilisées comme instrument de combat politique contre M. SOHOU Alain Zan avec qui le parti dont est proche votre journal est adversaire.
Par ailleurs, d’où votre journaliste tire-t-il l’affirmation selon laquelle M. SOHOU Zan Alain aurait refusé de se présenter devant le tribunal parce qu’il compterait sur de prétendus soutiens politiques ? Aucun élément du dossier ne permet de soutenir une telle allégation. L’affaire foncière opposant la famille d’Alain, la famille BLÉHI, à M. KINAWE date d’une dizaine d’années et les procédures devant les autorités traditionnelles, administratives et judiciaires se sont toujours déroulées sans influence politique. Notre feu frère, M. KPEYE Boniface, qui était 3e adjoint au maire de Toulepleu et membre du Bureau politique du PDCI – RDA n’a jamais recouru à des manœuvres politiques. Autant, SOHOU Alain, qui est son neveu, n’a jamais mobilisé les cadres de son parti, le RHDP, dans cette affaire. Nous avons toujours obtenu gain de cause par des moyens pacifiques et judiciaires.
- SUR LE FOND RÉEL DE L’AFFAIRE
S’agissant du fond du dossier, votre journal a traité cette actualité avec une légèreté préoccupante et sans le professionnalisme qu’un tel sujet exige.
Le plaignant, M. Minhon Gouanda Étienne, dit KINAWE, du village de Zoutouo, est engagé dans un conflit foncier l’opposant à la grande famille BLÉHI du village de Sahibly, dont est issu M. SOHOU Zan Alain.
À l’origine, la famille BLÉHI a obtenu gain de cause devant la Cour d’appel de Daloa, qui a reconnu ses droits fonciers face à d’autres occupants de ses terres. Voir l'arrêt n° 442/2023 du 13 décembre 2023 de la 2e Chambre civile, commerciale, sociale et administrative de Daloa. Plus récemment encore, dans le litige l’opposant à M. KINAWE, les autorités coutumières, les autorités administratives ainsi que le tribunal cantonal de Toulepleu ont de nouveau reconnu que les terres litigieuses appartenaient à la famille BLÉHI. Voir le procès-verbal de délibération du tribunal cantonal de Toulepleu présidé par le Chef de canton, S.M. GUIDY Gnandé David, en date du 20 février 2026. Entre-temps, M. KINAWE avait déjà détruit les plantations de la famille et vendu certaines de nos forêts à des étrangers qui nous empêchent aujourd’hui d’y accéder, sous la menace de machettes.
Après avoir échoué devant les garants de la tradition et devant les autorités administratives, KINAWE a entrepris des démarches visant Alain, l’un des principaux représentants de notre famille dans ce dossier, en le faisant poursuivre pour un prétendu vol de cacao. Or, la récolte en question avait été saisie, par mesure conservatoire, par le sous-préfet de Toulepleu en raison du différend opposant les deux parties. La famille BLÉHI revendique cette récolte, issue d’une plantation qu’elle avait cultivée avant que les étrangers installés par M. KINAWE ne prennent possession des lieux durant notre absence, alors que les procédures administratives et judiciaires étaient toujours en cours.
Le sous-préfet avait confié cette récolte à une coopérative qui en a assuré la commercialisation pour un montant de plus de sept millions de francs CFA. Il a été convenu qu’un million de francs CFA soit remis à chacune des parties dans l’attente de la décision définitive du Tribunal cantonal. Les cinq millions et plus restants sont restés sous la responsabilité du sous-préfet. C’est suite à notre victoire devant la juridiction coutumière que M. KINAWE a pris attache avec un homme de loi, dont nous nous abstenons pour l’instant de révéler l’identité, afin d’obtenir la condamnation d’Alain pour vol, contre rémunération. À quel moment Monsieur SOHOU Zan Alain se serait-il emparé des tonnes de cacao ou du produit de leur vente ? La récolte litigieuse avait été placée sous le contrôle des autorités administratives, qui en avaient organisé la commercialisation dans l’attente du règlement du différend foncier. Faut-il comprendre qu’il aurait soustrait ces fonds au sous-préfet ?
Plus troublant encore, le rôle d’audience mentionne un prétendu vol remontant à l’année 2020, alors même que la récolte litigieuse a été produite en 2026 et placée sous la garde de l’administration. Cette contradiction flagrante interroge sérieusement sur les conditions dans lesquelles cette procédure a été engagée et menée, en seulement un jour. Peut-être s’agit-il d’une erreur résultant de la précipitation qu’exigeait une telle forfaiture.
Et pourtant, nous avons bien avant cela porté plainte, dans ce même tribunal, contre KINAWE pour exploitation, occupation illégale, vente et location à des tiers de terres appartenant à la famille BLÉHI, destruction de plantations et causation de préjudices économiques majeurs à leurs propriétaires légitimes. Notre plainte suit encore son cours pendant que celle de KINAWE qui n’a aucun fondement a été traitée en un jour, sans enquête.
Nous sommes donc en présence d’un conflit foncier dans lequel l’un des protagonistes a utilisé l’appareil judiciaire pour faire incarcérer son adversaire après avoir échoué à faire reconnaître ses prétentions sur le terrain. La famille BLÉHI a certes été surprise par un procès à la rapidité pour le moins étonnante, mais elle demeure sereine et confiante. Toutes les preuves ont déjà été réunies et seront soumises à la Cour d’appel.
Nous avons confiance dans la justice de notre pays et demeurons convaincus que le droit finira par triompher. Nous dénonçons toutefois les conditions particulièrement préoccupantes dans lesquelles ce procès s’est tenu. Monsieur SOHOU Zan Alain a été jugé sans disposer d’un délai raisonnable pour préparer sa défense, et sans bénéficier de l’assistance effective d’un avocat. Plus grave encore, il a été condamné sans avoir réellement eu l’occasion de s’exprimer, en violation de son droit fondamental à la défense. Quelques minutes seulement auront suffi pour trancher une affaire dont les fondements mêmes sont sérieusement contestés.
Quant à Monsieur KINAWE, il est connu dans le département de Toulepleu pour ses nombreuses frasques et son incivisme. Nous pensons que vos correspondants gagneraient à faire preuve de davantage de prudence et à éviter de relayer sans vérification des affirmations dictées par une seule partie au conflit.
Enfin, rivalités politiques mises à part, M. SOHOU Zan Alain est reconnu dans le département de Toulepleu pour sa probité, son engagement auprès de la jeunesse et son implication dans la vie de sa communauté. Il ne saurait être présenté comme un contre-exemple et un vulgaire voleur de récolte. Votre article, que nous estimons diffamatoire, a été repris par plusieurs médias en ligne et relayé par plusieurs internautes qui ignorent les détails de l’affaire. Cela a entraîné des moqueries et porté atteinte à la dignité de SOHOU Zan Alain. Nous espérons que la publication de ce droit de réponse apportera des éclaircissements au public qui suit cette affaire avec beaucoup de sérieux.
M. le Directeur de publication, dans l’attente de la publication effective du présent droit de réponse dans votre prochain numéro et dans des conditions équivalentes à celles de l’article mis en cause, veuillez recevoir l’expression de nos salutations respectueuses.
Le représentant de la famille BLÉHI.
Casimir KPEYE