Faé Emerse, coach des Eléphants. Ph. Archives
L’entraîneur des Éléphants, Emerse Faé, semble accorder trop d’importance aux sentiments des joueurs. Un choix risqué qui aurait pu coûter cher à la Côte d'Ivoire, contrairement à l’approche plus pragmatique de Didier Deschamps.
Par Pascal Kouassi
"Je ne les ai pas sortis à la mi-temps parce qu'on ne voulait pas les frustrer", propos de l'entraîneur des Éléphants. Pour le moment, ça marche bien pour les Éléphants et la Côte d'Ivoire, alors une telle justification pour expliquer le maintien des joueurs défaillants sur le terrain jusqu'après l'heure de jeu passe sans surprendre et choquer personne: la justification est acceptée et admise par les Ivoiriens enivrés par la beauté de la fin du match. Aucun journaliste n'a plus trouvé à redire. L'entraîneur qui ne voulait pas frustrer ses joueurs, Faé le sentimental, a failli plutôt frustrer toute une Nation. En effet, à deux reprises, on a manqué de peu d'encaisser le 3e but gabonais en seconde mi-temps. Que de frayeurs devant les télés ! M. Faé, les entraîneurs responsables n'ont pas de sentiments, ils sont mus par les résultats.
J'ai l'impression que, jusqu'ici, Emerse Faé ne mesure pas l'importance de sa charge à la tête des Éléphants.
L’exemple de Didier Deschamps à la finale de la Coupe du monde Qatar 2022 est édifiant. L'équipe de France rapidement menée 2-0, Didier Deschamps a remplacé Giroud, Dembelé et Griezmann, je crois. Il n'a pas pensé aux sentiments de ces joueurs "coupables" qui quittaient le terrain devant un milliard de téléspectateurs à travers la planète. Il a privilégié l'intérêt du football français. Les Bleus ont rejoint l'Argentine à la marque. Sans la volonté des Dieux du football de couronner l'immense carrière de Lionel Messi d'une Coupe du monde, la France aurait marqué un 4e but par Kolo Muani. J'ai l'impression que, jusqu'ici, Emerse Faé ne mesure pas l'importance de sa charge à la tête des Éléphants.