Les signataires du document
Le 7 avril 2026, la diaspora ivoirienne, unie contre la mauvaise gestion de la filière cacao, appelle le gouvernement d’Abidjan à libéraliser l’exportation du cacao, afin de restaurer l’équité et soutenir les producteurs locaux.
Abidjan (Côte d’Ivoire), le 11 avril 2026 (crocinfos)--Le 7 avril 2026, dans un communiqué signé à New York par les superviseurs continentaux du Mouvement « Trop C’est Trop » (TCT), Jean-Blaise Ayemene (Coordonnateur de la Diaspora en Afrique), Mel Essis Gaye (Coordonnateur en Europe) et Dr. Boga Sako Gervais (Coordonnateur en Amérique), la diaspora ivoirienne a exprimé son soutien indéfectible aux producteurs de cacao du pays. Dans leur déclaration, ils appellent le gouvernement ivoirien à libéraliser effectivement l'exportation du cacao, soulignant que des partenaires internationaux sont prêts à acheter le cacao ivoirien au prix du marché mondial, à condition que le pouvoir arrête son monopole sur la gestion de la filière.
La Côte d’Ivoire, leader mondial de la production de cacao depuis 1970, produit environ 2,2 millions de tonnes par an, soit près de 40% de la production mondiale. Ce secteur est la pierre angulaire de l’économie ivoirienne, représentant entre 15 et 20% du PIB national. Pourtant, cette richesse semble rarement profiter aux véritables artisans de cette production : les paysans. En dépit des promesses de soutien gouvernemental, ces derniers se retrouvent une fois de plus marginalisés dans la gestion de cette filière cruciale.
Une crise profonde
Le régime d'Alassane Ouattara est accusé de plusieurs failles dans la gestion du secteur. En octobre 2025, à la veille de la présidentielle, le président a annoncé un prix garanti de 2800 F CFA par kilogramme de cacao, avant de réduire ce prix à 1200 F CFA, soit une baisse spectaculaire de plus de 50%. Ce retournement a choqué les producteurs, déjà éprouvés par les promesses non tenues et le manque de soutien effectif.
Les critiques s’orientent également sur l’écart entre les prix pratiqués en Côte d'Ivoire et ceux du Ghana, concurrent direct. En 2025-2026, alors que le prix garanti en Côte d'Ivoire était de 2800 F CFA, celui du Ghana s'élevait à 2400 F CFA, un écart qui alimente encore plus la frustration des producteurs ivoiriens. Cette différence de prix, combinée à la rupture des contrats avec de grandes firmes internationales comme Cargill, Olam et Ecom, a plongé la filière dans une grave crise de liquidités, laissant les producteurs dans l’incertitude.
L'implication politique du gouvernement dans la gestion du cacao est également remise en question. Le contrôle exclusif de la filière, notamment l’exportation, par des proches du pouvoir, suscite des interrogations sur les véritables motivations derrière cette gestion centralisée. Loïc Folloroux, fils de la Première Dame, occupe une place prépondérante dans la gestion des exportations de cacao à travers son implication dans le Groupement des Négociants Ivoiriens (GNI), un acteur clé dans la filière. Ce contrôle politique alimente le scepticisme concernant l’avenir du cacao ivoirien sous ce régime.
La diaspora se lève pour soutenir les producteurs
Face à cette crise, le mouvement « Trop C’est Trop » (TCT) s'est une nouvelle fois élevé contre la gestion du secteur. En soutenant les producteurs, les responsables de la diaspora en Amérique, en Europe et en Afrique ont dénoncé ce qu’ils appellent « la mal gouvernance » de la filière cacaoyère. M. Koné Moussa, président du Syndicat des Planteurs de Côte d'Ivoire (SYNAP-CI), a exprimé son indignation face à la situation actuelle et a déclaré que la politique du gouvernement est une menace directe à la survie des producteurs, mettant en péril la stabilité de milliers de familles rurales.
La diaspora ivoirienne a affirmé son soutien aux manifestations des paysans et a promis de les accompagner dans leurs démarches pour obtenir justice. « Trop C’est Trop » a rappelé que la situation est devenue intenable et que l’inaction des autorités met en péril l’avenir de l’économie agricole du pays.
Exigences claires de la diaspora pour réformer la filière
Les représentants de la diaspora ont formulé des demandes précises :
- Le respect du prix garanti de 2800 F CFA pour tous les produits déjà achetés, conformément aux engagements du gouvernement.
- La révision du prix du cacao de la petite traite, actuellement fixé à 1200 F CFA, pour assurer un prix équitable et stable.
- La dépolitisation de la filière et l’implication directe des producteurs dans la gestion de leurs produits, afin d’éviter l’emprise politique actuelle.
- Une enquête approfondie sur l’utilisation des Fonds de Garantie des Cacaoyers, estimés à plus de 1200 milliards de F CFA.
- Une libéralisation de l’exportation du cacao afin d’éviter les monopoles et garantir une compétitivité accrue sur le marché international.
Un appel à la libéralisation et à la justice pour les producteurs
Le cacao reste une ressource essentielle pour l’économie ivoirienne, mais la gestion actuelle met en péril la vie de millions de producteurs. Le Mouvement « Trop C’est Trop » exhorte le gouvernement ivoirien à répondre aux exigences de la diaspora et des paysans en libéralisant effectivement le marché de l’exportation du cacao. L’heure est venue pour un changement radical de politique dans la gestion de cette filière stratégique, afin de garantir la justice, l’équité et un avenir prospère pour les producteurs ivoiriens.
Athanase Kangah